APPEL À CONTRIBUTIONS


Préparation du dossier des numéros de décembre 2017 et juin 2018

“Reprendre un emploi après un accident du travail”

Date limite de l’envoi des propositions d’articles : 6 mai 2017

Responsáveis pelo dossier:

Bruno Monteiro (Instituto de Sociologia, Universidade do Porto)

Cláudia Pereira (Faculdade de Psicologia e de Ciências da Educação, Universidade do Porto)

José Madureira Pinto (Instituto de Sociologia, Faculdade de Economia, Universidade do Porto)

Liliana Cunha (Centro de Psicologia da Universidade do Porto, FPCEUP)

Marianne Lacomblez (Centro de Psicologia da Universidade do Porto, FPCEUP)

Marta Santos (Centro de Psicologia da Universidade do Porto, FPCEUP)

Vanessa Rodrigues (Faculdade de Letras da Universidade do Porto)

Les articles seront publiés dans l’une des langues de la revue (espagnol ou portugais). Cependant, les résumés des propositions, ainsi que les textes envoyés pour évaluation, peuvent être rédigés en français ou en anglais. Il reviendra ensuite aux auteurs de les traduire en espagnol ou en portugais, en tenant compte du résultat des évaluations et des suggestions proposées par la Direction de Laboreal.

Calendário:
6 mai 2017 : envio do resumo da proposta de contribuição, com cerca de 500 palavras, com título e 5 referências bibliográficas.
Jusqu’au 22 juin 2017 : communication du résultat de l’évaluation du résumé aux auteurs.
10 juillet 2017 : envoi de la proposition de l’article qui ne devra pas dépasser les 75 000 signes (espaces et références compris).
Jusqu’au 4 septembre 2017 : évaluation de l’article et communication du résultat aux auteurs.
Jusqu’au 2 octobre 2016 : envoi de la version finale de l’article.

Les propositions doivent être envoyées au secrétariat de la revue à l’adresse électronique suivante : laboreal@fpce.up.pt.

Les propositions devront se situer dans le cadre de la problématique suivante :

“Reprendre un emploi après un accident du travail”

1- Si nous retenons l’expression identité pour souligner la façon dont les agents sociaux perçoivent et évaluent leur propre existence et celle des autres, du fait des multiples processus de socialisation auxquels ils participent au cours de leur vie, le travail constitue sans aucun doute un facteur décisif de la construction des identités sociales. Les accidents du travail, quant à eux, en imposant une fracture dramatique dans la vie professionnelle, et, en conséquence, dans les autres dimensions de la vie des victimes – illustration parfaite, par la négative, de la centralité sociale des relations de travail – sont à l’origine d’une profonde déstructuration des identités.

Tout d’abord parce que les accidents affectent l’intégrité physique des sinistrés et donc l’image que chacun construit de son propre corps, ainsi que la vision que les autres pourront éventuellement en construire. Mais l’éloignement forcé du lieu de travail habituel provoque des sentiments de perte et de désajustement existentiel, le lieu de travail étant à la fois une configuration physico-matérielle (équipements, espace disponible, condition d’illumination, bruits, odeurs,...) et une interaction pratico-symbolique sui generis (conjugaison en apparence fortuite de savoirs pratiques, interconnaissance et coopération, rituels de convivialité, affinités électives de proximité, fidélités et modes plus ou moins spontanés de non-conformisme et résistances).

2- La rupture découlant de l’accident est, d’ailleurs, d’autant plus violente que la séparation du cadre du travail se prolonge dans le processus visant à obtenir une réparation des préjudices causés par l’accident par voie juridico-administrative et par le biais d’une relation avec la loi et les institutions impliquées (services publics, tribunaux, assurances) réservant souvent nombre de complications, difficultés et opacités. La familiarité avec le lieu de travail – qui n’est pas toujours gratifiante mais qui est prévisible – est remplacée, de façon abrupte, par l’incertitude, fréquemment vécue comme une oppression institutionnelle arbitraire, d’un labyrinthe de normes et de procédés auxquels les victimes d’accident doivent faire face sous peine d’être l’objet d’une deuxième exclusion sociale.

3- Mais l’accident de travail doit être entendu comme la conséquence de défaillances technico-organisationnelles qui, dans une entreprise donnée, sont à l’origine d’un dénouement tragique. Ainsi, si le retour à l’emploi se fait sans une intervention préalable, individuelle et collective, visant à améliorer les conditions de l’activité, le risque encouru n’est pas seulement que le processus antérieur se reproduise : il est également celui d’une probable détérioration de la santé, physique et psychique, d’une personne déjà fragilisée.

4- Le retour au travail s’insère donc dans une trajectoire qui commence avant l’éloignement du lieu de travail et qui se prolonge dans un processus de réinsertion professionnelle complexe, à plusieurs facettes, dont la configuration met au jour, assez généralement, des facteurs d’inégalité. Que ce soit en fonction du genre, de l’âge, du niveau scolaire, du secteur d’activité, de la situation professionnelle..., ce retour au travail peut prendre des configurations très différentes, et même résulter d’une accumulation d’inégalités susceptibles d’interagir de façon défavorable entre elles.

La reprise du travail constitue donc un objet de recherche et d’intervention dont les analyses méritent une diffusion plus large. Il doit en outre permettre d’identifier de nouvelles formes d’intervention dans et en dehors des entreprises, à différents niveaux, et en prenant en compte les questions touchant à l’amélioration des conditions de travail, ainsi qu’à toutes les formes de soutien (individuel, collectif et institutionnel) qui permettraient à la victime d’un accident du travail de retrouver une vie active décente.